lundi 4 février 2019

La table est l’entremetteuse de l’amitié


Un bout de jambon, un verre de vin,
Un quignon de pain,
Tout est sur la table en bois.
Un homme, seul, mange lentement.
La porte s’ouvre.
Un enfant affamé regarde de tous côtés.

Voyant la table, il se précipite,
La main ouverte pour chaparder.
Holà Bonhomme ! As-tu faim ?
Plutôt que de voler
Assieds-toi près de moi
Et partage ton histoire,
En échange tu pourras manger.
L’enfant regarde l’homme
Et commence à parler, la bouche pleine.
Après avoir avalé, il dévide son écheveau.
Il raconte sa vie d’enfant des champs,
Sa maison, le maigre troupeau de ses parents.
Le voyageur se laisse bercer par la voix enfantine
Qui se glisse dans ses pensées.
Et si l’enfant et lui devenaient amis,
Pour partager un instant de leurs vies.

Josy

vendredi 1 février 2019

ÉMOTION, émotion….




J’ai dix ans.
Mon frère est parti de la maison, faire son service militaire, très loin de chez nous.
Je suis redevenue la petite fille, unique, gâtée, choyée de mes parents.
Pourtant je sens comme un malaise, les attitudes ont changées, les conversations s’arrêtent quand j’entre dans une pièce, des conciliabules où je ne comprends rien s’intensifient de jours en jours.
Ce matin, là, mes parents après m’avoir redit que j’étais maintenant une grande fille, me demandent de rester à la maison, de surveiller que le feu de la cuisinière ne s’éteigne pas, me confient la maison car ils doivent aller faire une course imprévue à quelques kilomètres de notre cité de mineurs.
Mes yeux se remplissent de larmes lorsque la voiture démarre, me laissant désemparée, abandonnée.
Je dois savoir, je ne peux accepter de les voir s’éloigner sans aucune explication.
Je décide, sur un coup de tête de les suivre en vélo. La chance me sourit, le passage à niveau est fermé. Un gros arbre me servira d’abri, et dès la barrière levée, je pourrais les suivre pour savoir enfin où ils vont. La route nationale me fait un peu peur, mais à cette époque, la circulation est relativement fluide. Quelques véhicules à moteur ou à cheval me permettent de les suivre à distance sans être vue. Ils s’arrêtent enfin. Devant le plus gros magasin de quincaillerie du village, où ils rentrent bras dessus, bras dessous. J’appuie mon vélo contre le trottoir et j’attends patiemment. Ils ressortent avec chacun tenant par une anse une sorte de cuvier ovale en plastique vert douteux. Ils ouvrent le coffre de la voiture, et là surprise, incrédulité, ils me voient. Je comprends qu’ils sont très en colère, leur démarche vers moi est assurée, saccadée, menaçante. Je craque, je pleure, j’implore, je crie à l’abandon. Ma mère s’avance alors vers moi, me prend dans ses bras, m’avoue que ces achats sont pour le futur bébé, me demande de lui pardonner de ne pas avoir su trouver les mots pour me confier ce secret, pour me parler.
Ce bébé, je l’aime déjà, même si une ombre de jalousie traverse mon esprit.
Le vélo sera coincé dans le coffre de la voiture, et c’est à trois que nous retrouverons le chemin de notre maison, le feu est éteint, les ampoules sont restées allumées, n’importe qui aurait pu rentrer. Qu’importe….
Daniel, sera le prénom que mes parents m’ont demandé de choisir. 

samedi 29 décembre 2018

DEMAIN



Jusque où ira la technique ?
Refera-t-elle revivre les morts ?
En chair ou en os
En virtuel, en réel ?
Ou simplement en mettant
Bout à bout, nos expressions,
nos intonations, notre diction

Certains chercheurs l’imaginent
Malaxent, triturent, décortiquent
nos conversations téléphoniques
Les stockent par des méthodes diaboliques

Demain des bandes sons
Répondrons à nos questions
Nous donneront-elles de l’émotion
Referont elles resurgir notre passion
Ou seront-elles les voix
de la raison où de l’acceptation ?

CHAQUE JOUR, GARDER SA TERRE




Une fois le métayage payé
Ils étaient chez eux
Trois à se partager ces lopins de terre
La mère, le père et l’enfant

Le labeur était dur
Quel que soit les caprices du temps
Il fallait bêcher, biner, planter, arroser parfois.

Le berceau très rudimentaire
Était posé à même la terre
Tout au début de la rangée
Plantée de pommes de terre


Ils vivaient chichement
Survivaient misérablement
S’inquiétaient à juste titre
D’entendre le charroi
Venir leur dire rudement
Votre bail se termine
A la fin de ce mois.

Ils donneront la côte part
Due au propriétaire
L’imploreront de les garder
Encore, encore, encore un peu
Pour travailler cette terre
La fertiliser, les protéger
Les sauver d’une famine programmée.

dimanche 9 décembre 2018

Voyage,


Voyage, voyage,,,Pour quelle raison ? Pour aller où ?

                                                    N’es-tu pas bien ici ?


Il te suffit de voir le soleil se lever pour être au milieu de son embrasement, et le soir Dame Lune te laisse t'installer sur un bout de son croissant,

L'eau du ruisseau qui glisse sur tes chevilles emporte les particules de ton corps, elle les transporte jusqu'à la mer, en traversant le pays d'en bas,

Les nuages excentriques au-dessus de ton corps allongé forment, se déforment en voiles, dauphins, sorcières, chevaux au galop du vent,

Tu es ce voyage, ta vie entière immobile, est voyage,

                                                                                                                      ChM

Bien après Ulysse,



            Le besoin de découverte, l'envie d'aller de l'autre côté de cette terre, il l'avait depuis son enfance.
Savait-il que ses navires, ses compagnons, changeraient à jamais le regard sur ce monde ?

Fallait-il être fou pour partir avec ses trois bateaux vers ce grand inconnu avec ses angoisses quotidiennes, ses doutes, ses souffrances jusqu'au jour où le nouveau monde lui fut offert, ce monde de couleurs, d'odeurs inconnues, d'êtres cuivrés et accueillants croyant voir des Dieux !

                        Oui, c’étaient des hommes-dieux que ces marins de l'impossible insensibles à ce qui n'était pas le futur, l'autre côté du monde connu.
                                                                                                          ChM

lundi 19 novembre 2018

Un long voyage, un grand partage




- Attendez-moi, je pars avec vous !

Véhicules tout terrain, camions d’assistance, motos, tous équipés pour cette aventure…  L’excitation est à son comble chez les participants engagés dans ce road trip de six mille kilomètres à travers le désert.

Tout au long de leur périple, les engins alourdis par l’attirail nécessaire à leurs difficultés mécaniques éventuelles, essaient d’éviter les multiples écueils rencontrés lors du parcours.

A chaque arrêt forcé de l’un d’entre nous, incident technique, panne ou enlisement, le convoi s’immobilise et porte secours aux infortunés.

Une entraide rassurante accompagnée de plaisanteries pour apaiser l’angoisse, un grand moment de partage et de convivialité !
                                                                                             Monique