dimanche 2 juillet 2017

Impressions de voyage




 La côte est rude ; je monte péniblement derrière les autres, un bâton dans la main pour m’aider à avancer. Dans cet effort long et pénible, je me sens petit à petit devenir le bâton, ce bâton semblable à celui d’un pélerin. Le paysage est magnifique et la cascade que je longe éclabousse mon bâton ; c'est-à-dire, moi. Je pense avoir été coupé dans un bois de chêne et, quand j’écrase quelque fourmi égarée,  j’ai de la peine pour elle. J’entrevois la  vieillesse et  l’abandon : un bout de bois laissé au bord d’un chemin,  grignoté par les mêmes fourmis que celles que je broie, avant de finir brûlé dans une quelconque cheminée. Je sens sous mon bois, sous mes pas, les prés  humides que je traverse. J’arrive, enfin, a proximité de la minuscule source, fatigué, jeté à terre, écroulé sous mon poids. Le bâton et moi ne faisons qu’un et nous ne nous séparerons pas les prochains  jours  pour les autres étapes de montagne, à la recherche du merveilleux.

                                                                                               par Josy


 Indéfinition du voyage (revisité)

Le voyage est fuite
Fuite d’une vie monotone
Où la longueur des jours
La paresse de bouger
Nous épuisent mentalement
Les tracas du moment
Le passé l’avenir se mélangent
Dans un tourbillon oppressant
Alors nous projetons
De nous extraire de ce train-train
De vivre vraiment
D’aller plus vite
De rencontrer la nouveauté
De vibrer
D’être nous-mêmes
Nous fuyons notre vie
Notre passé notre avenir
Nous sommes ailleurs
Dans un autre monde
Dans l’étrangeté
Mais après la fuite
Il y a le retour
La nostalgie
Une autre vie retrouvée
La nôtre.
  
                                                                    par Josy


La joie du voyage (lien avec la nature)

             Le voyage c’est  d’abord le déplacement et la joie de voir défiler des nuages ou des paysages insolites à travers une vitre de hublot ou de véhicule terrestre. Ensuite, ce sont les terrasses  ou  les rochers d’où l’on domine de vastes étendus, des gorges étroites, que sais-je encore, où les yeux s’emplissent de merveilleux, où les poumons s’ouvrent, où l’esprit se sent libre ; c’est peut-être ce qu’on appelle le bonheur.

Ensuite on se promène, où bon nous semble, dans les terroirs, dans les forêts fraîches et humides, dans les bois broussailleux, dans les jardins luxuriants. Toutes les senteurs nous envahissent : l’humus du sol, la suavité des fleurs, le parfum subtil des arbres ; on est heureux, tout simplement.
On découvre dans la ramure des nids insoupçonnés, des batraciens près d’une mare où volètent des libellules aux ailes délicates. Des oiseaux inconnus s’égosillent à proximité d’une cascade fracassante, assourdissante.
On s’éloigne pour écouter les bruits de la nature : c’est la nouveauté, c’est l’instant présent. En rentrant, le soir, on admire les couchers de soleil, palettes de couleur aux camaïeux  multiples : du jaune au violet en passant par l’orange, et pourquoi pas un rouge pourpre ? Ou un mauve velouté ?
Quand la nuit mange l’horizon, on se sent apaisé, joyeux, étourdi par toutes les images, toutes les sensations de la journée.

                                 par Josy



                                            

samedi 1 juillet 2017

Dire la transformation

 Secret

Marc a décidé avec des copains de rendre visite à un ami qui séjourne dans les Alpes. Rendez-vous a été pris : 09h00 à la gare ferroviaire de Montpellier pour y aller tous ensemble.

Le jour dit, je vaque à mes occupations lorsque le téléphone sonne, je reconnais immédiatement la voix d’un des copains, inquiet de l’absence de Marc à la gare. Surprise, je me dirige vers la chambre du fiston, qui dort comme un bienheureux. Je le secoue énergiquement. Trop tard pour les rejoindre, ils prendront le train et Marc essaiera de les rejoindre.
 Oui, mais comment ? Ultime solution, prendre sa vieille 2 CV qui ne sert que pour les petits trajets.

Le voilà parti !

La crainte de la panne sur l’autoroute m’inquiète. La boule à l’estomac, j’attends impatiemment le retour car nous n’avons rien dit à personne et certainement pas au Papa qui aurait fortement désapprouvé cette équipée !

Le soir venu, conducteur et voiture rentrent sagement à la maison. Ouf ! Tout s’est bien passé, inutile d’en parler !

                                                                                                                  par Eliette


Transformation

Temps
Rencontre
Amour
Naissance
Soins
Fillette
Ouvre les yeux
Ris
Manifeste
Tolérante
Indépendante
Ose
Nana

                                                                      par Eliette

mercredi 14 juin 2017

La transformation



              Il marchait la tête baissée en regardant ses pieds. Il allait arriver dans la salle d’attente où il se mettrait loin des autres, sans parler. Est-ce que le médecin allait le voir ? Est-ce qu’il n’allait pas l’oublier dans son coin ?
            Dans sa tête un enchainement de questions, toutes négatives, lui faisaient battre les tempes : Et qu’allait-il dire ? dirait-il ce qu’il fallait ? Regretterait-il, après, de s’être mal exprimé ? Et, pendant des jours, mâchonnerait-il, ce qu’il aurait dû  dire ? Il avait l’impression que tous ses muscles se contractaient, qu’il avait subitement mal au dos. La porte s’ouvrit et il se jeta à l’eau avec le regard d’un naufragé.
              Cette scène se produisait chaque fois qu’il avait rendez-vous, qu’il devait parler en société, à son travail, même en famille.
             Bien sûr il n’avait pas vraiment d’amis ; Il disait bonjour dans la rue mais ne s’éternisait pas en discours. Il ne voyait pas ce que dire aux autres et savait, qu’après l’échange, il dissèquerait tous les mots pour voir s’il avait dit ce qu’il fallait.

            Un jour, après avoir beaucoup hésité, il prit la décision de s’inscrire dans un club de sport où il passa pour un sauvage, toujours dans son coin.
             Mais, petit à petit, en début et en fin de séance, il arriva à parler, à exprimer des idées. Il fut reconnu quand il arrivait, appelé par son prénom. Il devint plus sociable et un changement progressif s’opéra dans sa vie.
            Il parlait plus volontiers dans la rue, chez les commerçants. Il marchait même plus droit, s’efforçant de redresser les épaules.
          Il prenait du recul, ne décortiquait plus les paroles entendues et prononcées.
           Il devenait, un peu, celui qu’il aurait aimé être. Peut-être s’aimait-il  enfin !
                                                                                               par Josy



Le village transformé

 Les  rideaux  ont bougé  derrière les persiennes fermées,
Quelqu’un dans l’ombre s’est caché pour espionner
L’inconnu qui dans la rue passait.
D’autres étrangers plus tard sont arrivés
Venant de loin comme de prés.
Leurs maisons neuves ont métamorphosé les quartiers.
Le village somnolant s’est alors réveillé.
Les enfants ont investi les rues abandonnées.
L’école, à classe unique, s’est développée.
Un médecin s’est installé.
Les transports collectifs plus souvent sont passés.
La ville s’est rapprochée avec tout ce qu’elle offrait
Comme travail, distractions, attrait.
D’un monde qui mourait à petit feu a émergé
Une société plus ouverte, plus modernisée.
Tout c’est transformé.




par Josy                                                  

jeudi 8 juin 2017

la mémoire racontée



Le banc de granit

Au cœur des vieilles pierres qui bordent le littoral quand le ciel normand devient bleu tendre, je m'assieds, dès que je le peux, sur ce gros bloc de granit rose et j'écoute …

Là, tout près,la mer me raconte aujourd'hui: les enfants poussant des cris sur la plage ;
Les mouettes rieuses se moquant des vacanciers ou piquant vers les bateaux ramenant
leurs poissons !
Je ne l'écoute pas. J'entends la vieille pierre qui a tant à dire et sur laquelle tant de fondements de la société se sont posés.

Très jeune, un jour,je m'y suis reposée près d'un pêcheur tenant sa nasse à peine sortie de l'eau où s'accrochaient crabes et homards.
Je lui fis compliment de sa pêche mais il ne me répondit qu'après avoir sorti du piège un petit « crabe vert » plein d'oeufs qu'il relâcha dans une mare.
« Pourquoi ? 
-Pour que ceux qui, plus tard, viendront s'asseoir sur cette pierre puissent encore déguster des crabes comme mon grand-père le fit autrefois, comme le fit Guillaume
avant de s'embarquer vers l'Angleterre comme le firent les gabelous et, comme le fit...
ce c... il s'arrêta par correction .
- « Regarde-là »
Une petite croix gammée s'incrustait au coin de la pierre.

Depuis, chaque fois que je passe par là je me fais un devoir de poser mes fesses sur ce symbole qui a laissé tant de mauvais souvenirs dans cette région !
Symbole, qui, malheureusement, s'use moins vite que mes pantalons !

                                                                                                                 Sylvie V.