lundi 4 mars 2019
Amour/Amitié
L’amour peut-il devenir amitié ?
J’inverse la question
L’amitié peut-il devenir amour ?
Amitié, amour, amour, amitié
Une chose est certaine
Les deux mots commencent par un A
A vous, lecteur, de décider...
Michele
Une amitié fraternelle
Une
Une Six heures du matin sonnent au clocher du quartier.
Il arrive tête baissée, le regard perdu dans le laboratoire de la pâtisserie.Le patron sans lever sa tête, garnit à un rythme effréné des éclairs avec de la crème à café.
L’autre ouvrier comme sur une chaîne, glace les gâteaux avec du fondant clair.
Lui aussi est muet, concentré, appliqué.
Il attend que le patron déclare :
- Voici Michel, notre nouvel apprenti et se tournant enfin vers lui, lui indique d’un geste une toque et un tablier bleu.
Il lui ordonne de nettoyer les plaques de cuisson délestées des gâteaux.
Le jeune apprenti ne sait pas faire.
L’ouvrier compatissant profite de l’absence du chef pour lui montrer comment racler et nettoyer.
Il le réconforte : ne dis mot, obéis, ne crains rien, je te conseillerai, mais ne discute jamais les ordres, car ici les coups pleuvent pour un rien.
Sans parole, simplement avec des gestes, des regards indicateurs, une amitié indéfectible se crée.
Ils seront complices des bons moments et de ceux qu’il faut oublier. Le grand protégera l’arpette, prendra à sa charge ses erreurs.
Loin des siens, esseulé dans cette ville inconnue, il trouvera plus qu’un ami : un frère.
jeudi 14 février 2019
Le conditionnement
Suis-je un lion ? Un agneau ?
A la naissance joli agneau
Dans un monde ouaté, feutré,
Entouré d’autres jolis agneaux.
A l’adolescence, joli agneau
A suivi le troupeau.
Mais la laine est tombée
Et la personnalité s’est affirmée.
Me suis imaginé petit lion
Avec des envies de liberté
Trop sûr de moi, en vérité,
Mais les parents veillaient. Réalité.
Eliette
Coup de cœur !
En
vacances dans l’Ariège, sous une chaleur écrasante, nous décidons de faire une
sortie qui nous permettrait de nous rafraîchir quelques heures. Après une
visite à l’Office du Tourisme local, nous partons visiter la Grotte de Niaux.
A
l’arrivée, le guide présent nous accueille et tend une torche à chacun de nous.
Le petit groupe s’engage dans une galerie noire, pas très rassurant cela,
seules des petites lumières au sol guident nos pas.
Après
un trajet qui m’apparaît très long, le guide nous dit : « allumez les
torches droit devant vous ! ». Brusquement, sous mes yeux ébahis,
comme surgis de la nuit, des chevaux grandeur nature apparaissent. Mon cœur
cogne fort, j’ai l’impression que la horde très près de moi va m’emporter.
Instants
magiques, émotion indescriptible, admiration du travail de nos ancêtres.
S’enfoncer si loin dans ces ténèbres pour dessiner…
J’ai
visité de nombreuses grottes mais celle-ci m’a profondément marquée.
Eliette
Eliette
lundi 4 février 2019
La charbonnière
Des rochers à perte
de vue, une mer de rochers et, dans un coin, un bosquet de chênes verts,
« blaca » en patois. La charbonnière est là. Le père brûle une meule
pour récolter le charbon de bois. Il est né dans une cabane de pierres sèches
et ses ancêtres avant lui. Ce coin de garrigue est toute sa vie. Les enfants
courent, il y en a un qui s’est noyé l’an passé dans le ruisseau en furie lors
d’un orage dévastateur ; Le dernier n’est pas encore déclaré à la mairie
du village ; pas le temps de s’y rendre. Il faut bien travailler pour
nourrir la famille.
Vers le soir il ira ramasser
les pièges pour voir si quelque lapin de garenne pourra améliorer l’ordinaire.
Cette charbonnière c’est tout ce qui
compte et il a l’impression que, petit à petit ce genre de vie va disparaître ; Les enfants, même nés dans ces bois, partiront. Ils n’ont
pas envie de vivre comme lui ; ils feront le même travail mais habiterons
le village. C’est certainement sa génération qui sera la dernière à naître et
mourir dans les bois. Plus tard les petits enfants parleront des charbonniers
comme de travailleurs rétrogrades et cela le fait souffrir.
Josy
La table est l’entremetteuse de l’amitié
Un bout de jambon, un verre de vin,
Un quignon de pain,
Tout est sur la table en bois.
Un homme, seul, mange lentement.
La porte s’ouvre.
Un enfant affamé regarde de tous côtés.
Voyant la table, il se précipite,
La main ouverte pour chaparder.
Holà Bonhomme ! As-tu faim ?
Plutôt que de voler
Assieds-toi près de moi
Et partage ton histoire,
En échange tu pourras manger.
L’enfant regarde l’homme
Et commence à parler, la bouche pleine.
Après avoir avalé, il dévide son écheveau.
Il raconte sa vie d’enfant des champs,
Sa maison, le maigre troupeau de ses
parents.
Le voyageur se laisse bercer par la voix
enfantine
Qui se glisse dans ses pensées.
Et si l’enfant et lui devenaient amis,
Pour partager un instant de leurs vies.
Josy
vendredi 1 février 2019
ÉMOTION, émotion….
J’ai dix ans.
Mon frère est parti de la
maison, faire son service militaire, très loin de chez nous.
Je suis redevenue la petite
fille, unique, gâtée, choyée de mes parents.
Pourtant je sens comme un
malaise, les attitudes ont changées, les conversations s’arrêtent quand j’entre
dans une pièce, des conciliabules où je ne comprends rien s’intensifient de
jours en jours.
Ce matin, là, mes parents
après m’avoir redit que j’étais maintenant une grande fille, me demandent de
rester à la maison, de surveiller que le feu de la cuisinière ne s’éteigne pas,
me confient la maison car ils doivent aller faire une course imprévue à
quelques kilomètres de notre cité de mineurs.
Mes yeux se remplissent de
larmes lorsque la voiture démarre, me laissant désemparée, abandonnée.
Je dois savoir, je ne peux
accepter de les voir s’éloigner sans aucune explication.
Je décide, sur un coup de
tête de les suivre en vélo. La chance me sourit, le passage à niveau est fermé.
Un gros arbre me servira d’abri, et dès la barrière levée, je pourrais les
suivre pour savoir enfin où ils vont. La route nationale me fait un peu peur,
mais à cette époque, la circulation est relativement fluide. Quelques véhicules
à moteur ou à cheval me permettent de les suivre à distance sans être vue. Ils
s’arrêtent enfin. Devant le plus gros magasin de quincaillerie du village, où
ils rentrent bras dessus, bras dessous. J’appuie mon vélo contre le trottoir et
j’attends patiemment. Ils ressortent avec chacun tenant par une anse une sorte
de cuvier ovale en plastique vert douteux. Ils ouvrent le coffre de la voiture,
et là surprise, incrédulité, ils me voient. Je comprends qu’ils sont très en
colère, leur démarche vers moi est assurée, saccadée, menaçante. Je craque, je
pleure, j’implore, je crie à l’abandon. Ma mère s’avance alors vers moi, me
prend dans ses bras, m’avoue que ces achats sont pour le futur bébé, me demande
de lui pardonner de ne pas avoir su trouver les mots pour me confier ce secret,
pour me parler.
Ce bébé, je l’aime déjà, même
si une ombre de jalousie traverse mon esprit.
Le vélo sera coincé dans le
coffre de la voiture, et c’est à trois que nous retrouverons le chemin de notre
maison, le feu est éteint, les ampoules sont restées allumées, n’importe qui
aurait pu rentrer. Qu’importe….
Daniel, sera le prénom que mes parents m’ont
demandé de choisir.
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