jeudi 4 avril 2019

A la vie, à la mort


De mon corps je te ferai remparts
Sans toi je n’irai nulle part
Ton rire sera mon moteur
Tes pleurs déferont mon bonheur.
Amies, à la vie nous boirons
Amies, la mort nous éloignerons
Amies, de loin comme de près
Nous suivrons les mêmes chemins
Tantôt heureux, tantôt chagrins…
De toi je serai l’oreille
De moi tu seras l’autel
De la communion, de l’unisson.
Amies, à la vie, à la mort
Amies, à la vie, à l’encore…

Muriel L.

Larmes d'amitié...



Tu as été ma plus grande amie, tu n’es plus qu’un fantôme lointain que la trahison a écarté à tout jamais de mon univers présent et passé.
Douceur, douleur amères…
Je sais que quelque part tu rayonnes encore, que tes enfants regardent intensément la vie avec les mêmes yeux verts que toi, que ton sourire donne toujours à l’autre l’envie de te prendre dans ses bras, de te câliner sans savoir que…
Sans savoir combien tu as été aimée, combien tu as reçu d’amitié, en a donné, avant de tout reprendre… De laisser agoniser sur les pavés de la ville tous nos souvenirs, détrempés, saccagés, balayés d’un geste,  à jamais…
Le baiser donné à un homme qui n’était pas le tien, a dilué notre complicité, effacé les fous rires, rendus malsaines nos confidences et offert à notre trésor partagé un linceul de tristesse et d’inachevé sur lequel je n’ai jamais pu verser de larmes, cœur asséché, amitié abandonnée,  jamais redonnée…

Muriel L.

vendredi 29 mars 2019

Le secret des arbres


                                     


          
                  Les feuilles s’éclaircissent d’un vert franc,
Les bourgeons enflent tous les jours un peu plus,
Les branches se redressent et s’entremêlent…
La nature reprend vie, le printemps revient !
Mes camarades s’enorgueillissent de ce doux  réveil.
Alors qu’ au milieu d’eux,
La vieillesse me gagne, je me dessèche,
Mon tronc s’atrophie, l’écorce tombe lamentablement,
Je me sens vide et inutile.
Prêt à ployer lors d’un coup de vent,
Je n’ai plus de force, plus de sève, mon liquide vital.
Pourtant, j’en ai partagé des histoires tout au long de ma vie.
Mes branches voluptueuses ont servi de parapluie aux égarés,
De nid aux oiseaux, de refuge aux insectes…
Des amoureux ont même gravé leurs noms sur mon tronc.
La fin de vie est dure, mais une fois tronçonné,
Je serais encore utile pour certains,
En brûlant dans la cheminée ou dans le barbecue !

                                                                            MF

jeudi 14 mars 2019

Dire l'amitié


Lorsque je vois des gens du voyage, non pas ceux de maintenant avec leurs belles caravanes et leurs paraboles sur le toit, je pense à ceux d’autrefois, de ma jeunesse.
Un matin, aux abords du village, on voyait un campement hétéroclite, enfants et chiens couraient un peu partout et dans la journée, les gitans proposaient aux villageoises paniers et mercerie. Et puis, brusquement, comme ils étaient apparus, ils disparaissaient.
Il me revient en mémoire, un couple de ces gens, dont j’attendais avec impatience la venue. Elle, petite et ronde, le teint basané et lui, grand et sec. Ils arrivaient dans un vieux fourgon. Au début, on se regardait de loin et puis, un jour, je me suis approchée et nous avons sympathisé. Invitée à entrer dans leur foyer, je suis très surprise de découvrir un intérieur rutilant de propreté avec de jolis rideaux blancs aux petites fenêtres.
Un sentiment de bien-être et de douceur se dégage de cette pièce et m’envahit. Gentillesse et écoute de mes amis qui n’avaient pas d’enfant m’ont beaucoup apporté.
Je ne les ai jamais oubliés.

Eliette.




Dire l’amitié



                              Elles marchaient toutes les deux sur le même chemin de l’école, une école en bordure de la ville, en pleine campagne. Il fallait longer la voie-ferrée et passer près d’un bosquet avant d’apercevoir le bâtiment tout rond.                                                                                                                  
                            Elles chuchotaient des histoires à dormir debout. Elles imaginaient leurs vies futures, leurs maris, leurs enfants. Elles s’interrogeaient justement sur le « comment on fait des bébés ? ». C’était un mystère dont on ne parlait pas dans les familles. Elles voyaient bien les ventres grossir mais ignoraient la façon dont cela pouvait arriver. Alors elles inventaient, disaient que c’était dû à un médicament. Elles avaient aussi entendu parler d’une graine.
                             En devisant elles approchaient de leur classe où, bien sûr, elles étaient sur le même banc tant qu’on ne les séparait pas pour cause de bavardage. Puis, dès que la cloche sonnait la sortie, elles s’évaporaient sur le chemin du retour. Elles s’arrêtaient pour jouer avec une sauterelle ou ramasser quelque plante avec laquelle on faisait des boucles d’oreilles.
                            Et elles murmuraient toujours des secrets, de grands secrets qu’il faudrait, bien sûr, garder pour soi. Car, en amitié, le secret est très important ; il fait et défait les rapprochements enfantins.
                           Il y en avait une qui s’arrêtait avant l’autre, sa maison étant plus proche et les conciliabules continuaient devant le portail jusqu’à ce que l’heure les rappelle à l’ordre. Alors elles se séparaient à regret en se disant : «  à demain » pour un autre cheminement animé de paroles et parfois de fâcheries.
                                                                                                            Josy




mercredi 13 mars 2019

Le lâcher prise


La goutte d’eau s’accroche
Puis tombe dans l’eau
Pour suivre le cours du ruisseau.
Si je lâche prise
Quelle vie m’attend ?
Quel fleuve vais-je suivre ?
Dans quelle mer vais-je me noyer ?
                         Josy



Emotions extraordinaires


                      

                         C’était le repas du soir, j’étais là et je m’apprêtais à faire manger ma mère dans cet hôpital gériatrique où elle avait été admise quelques jours auparavant.
                       Tout à coup elle demanda où j’étais et se mit à débiter que je n’étais jamais là quand il fallait, que j’aurais dû me trouver près d’elle. Je répondis que j’étais là, que je l’aidais à manger. Elle me regarda et dit : « j’ai l’impression que je vous connais, vous ne seriez pas une telle, ou une autre ? »
                      Elle cherchait qui j’étais sans pouvoir trouver que c’était moi. De temps en temps elle répétait qu’elle ne comprenait pas mon absence.                                                     Ça m’étreignait de voir ma mère qui ne me reconnaissait pas. C’était la première fois et j’étais comme arrêtée dans ma pensée. Je redisais que c’était moi mais son cerveau ne pouvait pas l’enregistrer.
                     Quand je suis partie, quelque chose s’était cassé. Je disais au revoir à quelqu’un pour qui je ne représentais rien, pour elle je n'étais « personne ».
                     Quand je suis revenue, elle m’a reconnue. Pour combien de temps ?
                                                                                                                Josy