jeudi 5 décembre 2019

L' OBJET : texte écrit à deux : Monique et Josy


                 Une boîte bizarre dans un étui feutré qui nous regarde avec ses deux viseurs prêts à bondir afin de fixer un instant mémorable.
                Qu’y a-t-il dans cette boîte… un mariage,  un baptême des années vingt ou un secret d’espions… ?
                 Je pencherai pour un secret d’espions, car Il ne s’agit pas forcément d’un appareil photo bien qu’il en ait l’aspect. Ses deux viseurs sont suspects. L’objet pouvait éventuellement se cacher dans une pièce, une chambre par exemple, filmer les personnes à leur insu ou prendre des photos en rafale.
                  Si on ouvrait le boîtier on pourrait trouver une arme miniature, et, en tournant l’appareil, imaginer des jumelles avec un viseur pour chaque œil.
                   Je doute que ce soit un vrai appareil photo, j’opte plutôt pour un bidule conçu pour l’espionnage.



lundi 2 décembre 2019

« J’entends des regards que vous croyez muets » C.Arnaud - Muriel

Douce chaleur sur mon visage, tête légèrement inclinée, paille entre les lèvres, je savoure un de ces délicieux moments d’abandon au soleil du début d’été…
La Grande-Motte, la Grande bleue, sa plage, ses touristes et ses bars en terrasse. Lieux de rencontres, d’amourettes, rendez-vous professionnels ou de vacanciers dont je suis un spécimen bronzé et enlunetté.
Je regarde passer le temps, les gens… C’est aux individus accompagnés de quadrupèdes que je vais consacrer mon attention en cette belle journée. Lucide, je sais que les animaux risquent de manquer quelque peu d’exotisme : peu de girafes ou de guépards sur les quais de cette station balnéaire ! Leurs maîtres seront, quant à eux, de simples passants, du plus banal au plus déconcertant mais LA révélation sera la stupéfiante ressemblance unissant l’animal à l’humain. Cette vieille dame emmitouflée et son caniche bouclé, cette bimbo botoxée et son yorkshire à la houppette enrubannée, ce flambeur aux pectoraux gainés et son pit-bull à l’air mauvais, ce jeune couple amoureux et leur husky chahuteur… La roue des ressemblances tourne sans à-coups, à peine un soubresaut quand je m’étonne de la présence de ce teckel boudiné aux pieds d’un grand échalas dégingandé puis bien vite soupçonne le jeune homme d’être le baby-sitter du toutou fortuné.
Je regarde l’un, je devine l’autre et réciproquement ! Je m’esclaffe derrière mon mojito, prends quelques photos de spécimens remarquables !

Puis, elle apparait à son tour, à pas mesurés, cette toute petite dame toute ratatinée, chapeau fleuri sur ses cheveux gris ondulés, robe à l’imprimé défraichi, panier en osier, elle tire sur le quai bitumé, au bout d’une vieille laisse argentée, une boule de poils figée. Elle s’arrête, lui parle, semblant la motiver mais l’animal reste impassible…

Et l’horloge cesse alors de tourner, mon sourire se fige, mon cœur se serre. C’est une peluche râpée qui accompagne cette âme d’enfant esseulée. Elles échappent au temps, au moment, outrepassent la règle que je croyais vérité. Cette silhouette menue m’émeut, me bouleverse, m’interpelle dans un seul et même instant et, à son passage, lorsque son regard rencontre le mien sans s’y attarder inutilement, j’y reconnais la tendresse, la solitude et le passage du temps….
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Objet inanimé, avez-vous donc une âme… Une intrigue écrite à deux (Eliette et Muriel)


Objet ancien, vêtu de cuir usé par le temps mais qui sent bon… Ta doublure intérieure de velours rouge passé me fait penser aux vieux fauteuils cossus des maisons bourgeoises.
Je me prends à rêver et je te vois, tête de bouledogue avec ta lippe pendante, ton nez en l’air et de jolies oreilles rondes sur le côté… J’ai envie de te caresser !


Animal fantastique, robot du futur ? As-tu traversé les siècles ou les galaxies avant de te présenter à moi à ce point épuisé ? As-tu été blessé par le passage du temps, le frottement répété de mains qui te brandissaient, t’imposaient lieux et moments ? Tu sembles usé certes mais ton œil est vif, ta mémoire semble intacte, dans ton écrin pourpre et de cuir tanné tu devais reposer le soir près de la cheminée au temps du siècle dernier
Mais oui, ça y est, je te reconnais ! Tu es l’ami fidèle, le témoin des jours heureux, des premiers émois, des premiers cris du nouveau-né. Je me souviens de ce rabat abaissé qui dévoilait tes yeux grands ouverts sur le monde, le sérieux de mon père qui te dorlotait et s’appliquait à te faire dévoiler tes secrets
Vieil ami, tu as pris mes plus belles photos, exalté mes premiers souvenirs. Vieil appareil photo, aujourd’hui pièce de musée, tu es le témoin discret de mes vertes années




jeudi 14 novembre 2019

Acrostiche - Josy -




Jardin secret, jardin caché,
Où les violettes endiablées
Invitent les abeilles à butiner          
Et les elfes à danser.

Une expérience de joie - Josy -


                         Je suis partie de bon matin pour gravir la montagne. J’étais seule. Le brouillard a petit à petit envahi l’espace puis s’est épaissi et je ne voyais plus le sentier qui montait en altitude. Je n’avais pas de carte et, en chemin, j’ai perdu ma montre. J’allais un peu à l’aventure mais je me sentais bien. Personne ne savait où j’étais et cela m’était complètement égal. J’envisageais même de dormir, le soir, à la belle étoile si je me perdais. Un peu fatiguée, je me suis arrêtée puis posée sur un rocher. Tout était calme. Même les oiseaux ne s’entendaient pas dans cette ambiance ouatée.
                    Sur la pointe des pieds, petit à petit, le brouillard s’est disloqué. J’ai eu subitement la surprise et la joie d’apercevoir la petite vallée qui s’étendait à mes pieds. Je me trouvais proche d’un col, je dominais des lacs, des ruisseaux, des prairies. Un émerveillement !
                   Je me suis restaurée, puis Je suis descendue vers ce paysage magnifique où l’eau formait un entrelacs dans le vert tendre des herbes.
                    Un instant de repos, les pieds dans la mousse humide, et me voilà repartie. J’étais légère, heureuse de mon escapade. Un vrai moment de plaisir.
                   Plus tard, j’ai retrouvé le brouillard et j’ai dû souvent chercher à quatre pattes les marques du GR sur lequel j’avais fini par arriver.
                   Malgré ces difficultés,  j’ai gardé de cette journée un souvenir de liberté et de joie.



La porte....- Josy -


                                                     La porte de notre appartement était entrebâillée, je suis entré et le silence m’a enseveli ; seul le chat dormait sur un fauteuil élimé. A mon arrivée, il a ouvert les yeux et s’est étiré puis il a sauté pour se précipiter dans la cuisine et demander à manger. Les chats ont toujours faim.
                   C’est rare de trouver le logis inoccupé et si calme. Où étaient-ils tous passés ? Et pourquoi n’avaient-ils pas fermé la porte ?
                  Le temps passant, je commençais à m’inquiéter. Serait-il arrivé quelque chose de grave, un accident par exemple ? Je jetais un coup d’œil à mon téléphone, mais rien n’apparaissait : pas de message oral ou écrit. J’essayais de les contacter, en vain. Le tableau blanc réservé aux notes de la famille était obstinément vide. Je décidais de faire le tour de l’appartement à la recherche d’un indice qui me mettrait sur la voie. Mais rien, rien de rien. Tout était en ordre avec un peu du bazar habituel.
                  Je me posai à mon tour sur le fauteuil, où, aussitôt, le chat vint me rejoindre. Il montait sur mes épaules, redescendait, malaxait mes vêtements, étonné de mon manque de réaction. Peut-être savait-il où ils étaient mais il ne pouvait pas me le dire.
                  Soudain un vacarme se fit entendre dans l’escalier. Mes enfants et leur mère se précipitèrent dans l’entrée, un chien sur les talons. Le chat ébouriffa ses poils, se mit à souffler. Le chien lui aboya.
                   «  Regarde papa, c’est une surprise. Nous sommes allés le chercher de l’autre côté de la ville ».
                  Une course poursuite s’engagea alors entre les deux animaux et tout le monde se mit à rire.





JOIE - Anne -


Jérémiades de mes amies
Oreilles lasses
Irrévérencieuse répartie
Echappée belle